22

C’était une femme, une inconnue, d’accord, mais une belle femme élégante, en tailleur rouge, le genre de tailleur de grand couturier à se damner et, comme leurs regards se croisaient, Zoé lui sourit en rapprochant sa chaise de sa table, pensant que la femme voulait qu’elle se pousse pour passer. Mais au lieu de cela, elle s’assit sur la chaise en face d’elle.

« Mademoiselle Dmitroff, non, pour l’amour du ciel, ne bondissez pas comme un diable de sa boîte. C’est la dernière chose à faire, croyez-moi. » La femme posa un sac Chanel en cuir noir sur la table, croisa les mains dessus, regarda prudemment autour d’elle et se pencha vers Zoé. « Vous comprenez, on ne sait jamais qui peut être en train de nous observer. »

La femme observa à nouveau autour d’elle, puis elle ouvrit le sac Chanel, en sortit un portefeuille assorti et l’ouvrit juste le temps de montrer une espèce de carte d’identité plastifiée, avec sa photo et un sceau du gouvernement dessus.

« Agent Yasmine Poole, de la CIA. »

Zoé eut un reniflement. Il ne manquait plus que ça pour que le cauchemar soit complet. Un agent de la CIA.

« C’est ça, ouais, et moi, je suis Batgirl. Désolée, j’ai laissé mon anneau décodeur à l’hôtel.

— Je vous en prie, mademoiselle Dmitroff. Vous êtes assez futée pour savoir que tous les agents secrets ne se promènent pas en jet-skis et canots à moteur volants comme James Bond, pour sauver le monde des super-méchants. Je travaille pour l’Agence depuis plus de dix ans, et pourtant la plupart du temps vous me trouveriez derrière un bureau, à Langley, en train d’analyser l’effet qu’aurait sur l’économie mondiale une augmentation d’un demi-tael sur le prix du riz en Mongolie. »

Elle lui sourit. Zoé ne lui rendit pas son sourire.

« La plupart du temps, dit-elle, vous me trouveriez au téléphone dans mon cabinet juridique de Mission Street, en train d’essayer d’arracher un accord de plaider coupable à un assistant procureur pour qui les avocats de la défense ne sont que des sous-merdes. Et pourtant je suis là, et vous y êtes aussi – alors, expliquez-moi ça ?

— Je vous ai suivie quand vous avez quitté votre hôtel. Nous vous avions localisée cinq minutes après l’introduction de votre carte de crédit dans le lecteur de la réception.

— Ça doit être chouette d’avoir une jolie plaque comme ça. J’imagine que ça vaut tous les anneaux décodeurs de la planète. » Zoé finit son eau et se tapota les lèvres avec sa serviette. « Alors, qu’est-ce que vous me voulez ?

— Si mélodramatique et irréel que cela puisse vous paraître, nous pensons qu’un certain objet est entré en votre possession, et cela pourrait avoir de graves conséquences pour la sécurité nationale. Il est vital que vous me remettiez immédiatement cet objet, avant qu’il ne tombe entre de mauvaises mains. »

Zoé avait beau s’attendre à quelque chose de ce genre, elle sentit sa bouche s’assécher. À partir de maintenant, elle avait intérêt à faire bien attention. Elle devait se débrouiller pour obtenir le maximum d’informations de cette femme sans révéler sa propre ignorance. Sa grand-mère l’avait bien prévenue que l’ignorance était un piètre bouclier contre le danger.

« Je suis en possession de bien des “objets”, dit Zoé. Vous pourriez préciser ? »

Yasmine Poole – si c’était son vrai nom – fit une sorte de moue avec ses lèvres au rouge éclatant, comme si elle avait mordu dans un citron.

« Un film. Une bobine de film de 8 mm, plus précisément. Mademoiselle Dmitroff, ne perdez pas de temps à nier que vous l’avez. Nous savons toutes les deux à quoi nous en tenir. »

Encore le film, pas l’icône. Mais qu’avait-il, ce foutu film, pour que tout le monde coure après ?

« Waouh, j’ai un film amateur de l’anniversaire d’une petite fille. Notre nation est en péril. Arrêtez-moi tout de suite. »

Le beau visage de Yasmine Poole se durcit.

« Je vous déconseille de faire l’imbécile, compte tenu des circonstances. Parce que j’ai le pouvoir de vous arrêter, et que Guantanamo Bay, croyez-moi, ça craint. »

Zoé ne répondit pas, et la femme prit son silence pour une sorte de capitulation.

« Votre pays vous serait vraiment reconnaissant pour votre coopération dans cette affaire, mademoiselle Dmitroff, parce qu’il y a des gens que rien n’arrêterait pour mettre la main sur ce film, et que ce ne sont pas des individus accommodants. Pas accommodants du tout, même. »

Yasmine Poole rouvrit son sac, y prit une photo et la tendit à Zoé.

« Vous avez déjà vu cet homme ? »

La photo était celle d’un homme debout à côté d’un réverbère en fer forgé, dans une rue pavée, sous la neige. Il pouvait avoir une quarantaine d’années, et il était d’une beauté saisissante avec son regard intense sous des paupières légèrement tombantes, ses pommettes saillantes et son nez aristocratique.

« Il s’appelle Nikolaï Popov, poursuivit la femme. C’était un officier du KGB, très haut placé pendant la guerre froide, un homme pervers, sans scrupules, responsable de tellement de morts qu’on ne les compte plus. Il a pris sa retraite depuis longtemps, évidemment, et il se prélasse dans sa datcha en Crimée. Il aurait quatre-vingt-dix ans passés, maintenant, mais il a conservé tout son pouvoir et toute son influence.

— Et vous croyez qu’il cherche le film ?

— Zoé… Vous me permettez de vous appeler Zoé ? Il y a des années qu’il demande à ses agents de le retrouver.

— Mais pourquoi ? Que peut-il bien avoir d’intéressant pour lui ? »

Yasmine Poole pinça à nouveau les lèvres.

« Oh mon Dieu. Vous voyez, je savais que vous me demanderiez ça. Malheureusement, la réponse est classifiée. Top secret etc., etc. »

Zoé regarda une dernière fois la photo et la rendit à la femme qui s’appelait Yasmine Poole. Zoé ne lui faisait absolument pas confiance. D’une façon ou d’une autre, il fallait qu’elle regarde ce film, parce qu’il y avait manifestement autre chose sur cette bobine que l’anniversaire d’une petite fille.

Elle gratifia Yasmine Poole du regard grave qu’elle réservait à ses jurés.

« Je tiens à faire ce qu’il faut. »

La femme lui tapota la main.

« Mais bien sûr.

— L’ennui, c’est que je ne l’ai plus avec moi.

— Je le sais, Zoé, répondit Yasmine Poole, et encore une fois, Zoé perçut une pointe de cruauté dans sa voix. J’ai fouillé votre chambre d’hôtel et vos affaires pendant que vous vous douchiez. Il est évident que vous l’avez mis dans un endroit que vous considérez comme sûr. Dites-moi simplement où, je sors de votre vie et vous pourrez profiter de la fin de vos vacances dans cette belle ville. Vous n’avez pas l’air d’être du genre à faire le tour des boîtes, mais à cette époque de l’année il y a toujours un salon artistique au Grand Palais. »

Des rires, venant d’une table voisine, attirèrent l’attention de Zoé. Elle jeta un coup d’œil et vit deux buveurs de cocas en sweatshirt à capuche qui discutaient.

Lorsqu’elle regarda à nouveau devant elle, le canon d’un Glock dépassait du sac de marque.

« Écoutez, je n’avais absolument aucune envie de vous emmener dans de mauvais lieux où les menaces de violences et les armes à feu font la loi, dit Yasmine Poole. Mais vous m’y obligez. Remettez-moi le film, Zoé, ou je devrai employer la manière forte, et vous n’avez vraiment pas envie de ça, croyez-moi.

— Ce n’est pas de la mauvaise volonté de ma part, mademoiselle Poole. Mais j’ai déposé le film dans un coffre, à la banque, et j’ai bien peur que vous ayez besoin de ma signature pour le récupérer. »

Yasmine Poole se leva. Elle ferma son sac, passa son bras dans les anses et tira sur le bas de sa veste de tailleur.

« Eh bien, allons-y.

— La banque est près de l’Opéra », mentit Zoé. Elle n’avait pas idée de l’endroit où se trouvait l’opéra, mais elle se doutait que Paris devait en avoir un, et elle prenait le pari qu’il n’était pas au coin de la rue. « Il va falloir qu’on y aille en métro.

— Mon chou, je ne suis vraiment pas du genre à prendre le métro. Et côté indemnités de déplacement, j’ai un crédit illimité. On prend un taxi.

— Désolée, mais si je veux retrouver la banque je dois reprendre exactement le même chemin que ce matin, et ce matin j’ai pris le métro. »

Yasmine Poole n’avait vraiment pas l’air ravie, mais elle suivit Zoé, traversa la rue, et descendit dans la station de métro située près de la grande église de pierre. La pause déjeuner tirait à sa fin, et le quai était noir de monde. Mais la femme collait aux basques de Zoé comme une sangsue.

La rame arriva et elles montèrent dedans ensemble. Yasmine Poole s’apprêtait à s’asseoir, mais elle s’arrêta en voyant que Zoé restait devant la porte.

« On change à la prochaine », dit Zoé.

Yasmine Poole hocha la tête, mais Zoé vit qu’elle vérifiait sur le parcours de la ligne affichée au-dessus de la porte.

Zoé décomptait les secondes alors que les passagers continuaient à monter.

Yasmine Poole indiqua un point sur la carte.

« Si la banque se trouve près de la place de la Bastille, nous aurions dû prendre la direction Porte d’Orléans, non ? À moins que vous ne parliez de l’ancien opéra. Mais quand même… »

Zoé ouvrit de grands yeux.

« Oh, mon Dieu. C’est encore lui ! L’homme qui a tué ma grand-mère ! »

Yasmine Poole tourna la tête brusquement.

« Qui ça ? Où ?

— Là ! » fit Zoé en tendant le doigt.

Et elle sauta du wagon alors que la porte se refermait.

Yasmine Poole se retourna à nouveau, mais trop tard. Elle tapa du poing sur la porte, essaya de la rouvrir en y glissant ses doigts, ses efforts restèrent vains. La rame repartait déjà.

Zoé fit au revoir de la main à la femme au visage convulsé, tandis que la rame prenait de la vitesse, quittait la station et disparaissait dans les ténèbres du tunnel.

 

Elle gravit en courant l’escalier qui remontait vers la rue. Elle estimait avoir une quinzaine de minutes devant elle pour disparaître dans les rues encombrées de Paris avant que Yasmine Poole n’ait le temps de faire demi-tour. À moins qu’elle n’ait un complice qu’elle pouvait appeler sur son portable. Auquel cas Zoé était morte et enterrée.

Elle surgit de la station de métro en courant et rentra de plein fouet dans la poitrine d’un homme, si fort qu’elle faillit tomber par terre. Il lui attrapa les bras pour lui faire retrouver l’équilibre. Elle n’eut pas besoin de lever les yeux ; elle savait qui c’était.

Il y avait plus de deux millions d’habitants à Paris, alors comment se faisait-il qu’elle soit si repérable ?

« Venez », lui dit Sergueï.

Il la prit par le bras et la conduisit vers la grande église de pierre.

« Allons prier. »

 

Il l’emmena dans un renfoncement, derrière une colonne de marbre, près d’un confessionnal.

Ils s’assirent côte à côte sur un banc.

« C’est drôle de vous revoir si vite, Sergueï », dit Zoé.

Il ne répondit pas, se contenta de mettre la main dans sa poche. Elle s’attendait à moitié à le voir tirer un revolver.

Il sortit un portefeuille et l’ouvrit d’un mouvement de poignet, exhibant une plaque dorée qui brillait même dans la maigre lumière.

« Sergueï n’est pas mon vrai nom. Je m’appelle Ry O’Malley et je travaille pour la DEA comme agent infiltré. »

Zoé éclata de rire. D’un rire qui lui parut hystérique, même à ses propres oreilles.

« Une femme qui disait s’appeler Yasmine Poole m’a collé sous le nez un badge de la CIA. Et maintenant, vous brandissez ce… »

Elle regarda la plaque dorée de plus près.

« Ryland O’Malley. Drug Enforcement Administration. Pour moi, vous pourriez aussi bien être tous les deux de faux agents.

— Il y a des moments où il faut suivre son instinct pour savoir à qui on peut se fier.

— Et dans quel univers mon instinct me dirait-il de me fier à vous ?

— Je pense que vous devriez au moins écouter ce que j’ai à dire.

— D’accord, alors vous pourriez commencer par me dire comment vous avez fait pour me retrouver si facilement. Vous m’avez implanté une puce ou je ne sais quoi ? »

Un coin de sa bouche dure se retroussa bel et bien en un sourire.

« Quand quelqu’un est pourchassé et que ce quelqu’un est un amateur, il fonce se réfugier dans un endroit familier. Je me suis dit que vous retourneriez à la boutique en face du musée où vous aviez récupéré le film. Et effectivement, vous vous êtes pointée juste au moment où ils emmenaient le cadavre. »

Zoé n’avait pas eu le temps de pleurer la mort du vieil homme, mais des larmes lui emplirent soudain les yeux, et elle dut détourner le regard.

« Vous êtes obligé de dire ça avec cette froideur, comme si ce n’était qu’une banale journée de boulot ? Il s’appelait Boris, c’était un gentil vieux monsieur, et le type à la queue-de-cheval lui a arraché un œil. » Sergueï, Ry ou quel que soit son nom ne répondit pas. « Et peut-être que vous y étiez aussi. Peut-être que vous y êtes pour quelque chose.

— Vous n’y croyez pas vous-même. »

Elle se recula un peu pour l’étudier à nouveau de la tête aux pieds.

« Vous n’êtes pas un vrai vor, hein ? Bien que vous parliez un russe de bas étage et malgré ce tatouage que vous avez sur le bras.

— Le tatouage est authentique. Je l’ai gagné dans une prison du Tadjikistan, mais c’est une autre histoire et je vous la raconterai en son temps. Qu’avez-vous fait du film ? Vous l’avez mis dans un coffre, à la banque ?

— Un coffre-fort, exactement ce qu’il faut pour le mettre en sûreté, à l’abri des types comme vous, de Miss CIA et de M. Queue-de-cheval. Lui, apparemment, c’est après l’icône qu’il court. Mais des détails, des détails ! fit-elle en agitant la main.

— Zoé, il faut qu’on regarde ce film.

— Je commence à me demander si ce n’est pas comme ce film avec Naomi Watts. Le Cercle ? Une fois qu’on l’a regardé, on meurt.

— Vous pourriez vous faire tuer sans même le regarder, vous savez. »

Zoé ne répondit pas. L’église était sombre, silencieuse et froide comme la tombe dans le livre de Job, se dit-elle.

« Vous savez ce qu’il y a dessus, hein ? fit-elle. Sur le film.

— Oui. Mais j’ai besoin de le voir. »

Zoé laissa échapper un soupir sonore.

« D’aaaccord. Alors, si on faisait un saut à la première boutique de vidéo ? Je suis sûre qu’ils ont un de ces vieux projecteurs à l’ancienne qu’on pourrait louer. Sur l’étagère à côté de tous les Betamax. »

La bouche de Ry esquissa le même rictus que précédemment.

« Il se trouve que je connais un gars, un collectionneur, qui a une passion pour les films de, euh, les vieux films.

— Ouais, les pornos, vous voulez dire.

— Pas que des pornos. Mais l’important, c’est qu’il a le genre de projecteur dont on a besoin, et c’est là que j’allais ce matin – chez lui, pour le récupérer.

— En me laissant menottée au lit.

— Avec les meilleures menottes, le top du top, au fait. Et en ayant la bêtise de laisser le film sur place, d’ailleurs. Ma vieille, je vous ai complètement sous-estimée sur ce coup-là.

— Je décide de prendre ça comme un compliment.

— C’est comme ça que je l’entendais. Écoutez, je vous propose un marché. On retourne à l’appartement, on regarde le film de votre grand-mère, et après, si vous voulez repartir avec, je ne vous retiendrai pas. »

Zoé resta un moment assise sans rien dire et répondit :

« Sauf que je n’arriverais probablement même pas à l’aéroport vivante, hein ?

— Probablement pas, en effet. »

 

Zoé récupéra le film et son icône à la banque, et ils retraversèrent le fleuve en direction de l’île Saint-Louis et de la garçonnière de l’ami de Sergueï… de Ry O’Malley. Le projecteur était là. Au moins, sur ce point, il n’avait pas menti.

 

Ils décrochèrent du mur quelques gravures de chasse afin de dégager un espace. Zoé le laissa s’occuper du film, puisqu’il avait l’air de savoir s’en débrouiller, le faisant passer entre des pignons et sur une roue dentée. Elle baissa le store de la fenêtre pour plonger la pièce dans l’obscurité.

Elle éprouvait un étrange mélange d’excitation et d’effroi. Elle avait bien conscience que ce qu’elle était sur le point de voir risquait de changer sa vie pour toujours. Mais sa vie avait déjà changé, elle était déjà en danger, et il était temps qu’elle ait certaines réponses.

Et lorsqu’elle saurait ce qu’il y avait sur le film, peut-être saurait-elle mieux comment manipuler Sergueï… Ry. Et tous les autres chasseurs.

Le projecteur était bruyant, le ventilateur se mit à ronronner et le film à claquer en passant sur les pignons. Des marques noires dansèrent sur le mur, et tout à coup apparut le visage de sa mère, en gros plan, sa petite bouche fendue d’un grand sourire. On fêtait son huitième anniversaire, à en croire l’inscription en grandes lettres sur la bannière accrochée au mur, derrière elle. Elle regardait le gâteau avec ses huit bougies allumées sur le glaçage blanc, mais Zoé savait qu’il était au chocolat, à l’intérieur, le préféré de sa mère, et son préféré à elle aussi.

Et sa grand-mère était là, Katya, si jolie, si heureuse qu’elle dansait presque autour de la table. Zoé avait l’impression de se voir elle-même, déguisée comme pour jouer dans une pièce, tellement elle leur ressemblait à toutes les deux.

Ils regardèrent la petite fille souffler ses bougies d’anniversaire et ouvrir ses cadeaux. Katya était toujours là, aidant à défaire un nœud, à redresser un chapeau en papier. Zoé essaya vainement d’imaginer quel horrible événement avait pu pousser cette mère visiblement pleine d’amour pour sa fille à l’abandonner. Rien à faire, elle n’y arrivait pas. Et qui était la personne qui tenait la caméra ? Le beau-père dont Anna Larina arrivait à peine à se souvenir ?

Il y eut un fondu au blanc sur la fête d’anniversaire, d’autres marques de perforation noires dansèrent sur le mur.

Et puis tout à coup, un éclair de couleur. Du bleu…

Le Secret des Glaces
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